Articles de presse

3 04 2014

-« Françoise Jasmin danse avec l’âme de Charlot »

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-« L’interview de Françoise Jasmin dans le Livreur Solitaire », mai 2015 : partie 1 / partie 2 / La photo du Livreur Solitaire

 

« La Révolution de Jasmin », par Nicolas Villodre, Danzine, 2012.

Mi-janvier dernier, pile, Françoise Jasmin et sa compagnie Human Dance – nom qui rappelle celui de la compagnie montréalaise Lalala Human Steps –, un trio composé d’Aurélie Pras, de Françoise et Raphaëlle Jasmin – complété par le musicien David Block, assis durant le spectacle derrière son ordinateur, côté jardin – ont présenté une création, La Danse des mikados – titre qui fait penser à la chanson « L’Ami Caouette » de Serge Gainsbourg –, à l’Espace Landowski de Boulogne-Billancourt. Depuis 1989, la chorégraphe propose sa vision personnelle du butô, inspirée par la danse libre d’Isadora plus que par la conception habituellement tirée vers l’expressionnisme de ce mouvement artistique (qui est aussi selon nous d’esprit Dada), créé en 1959 par Tatsumi Hijikata, avec, entre autres, pour interprètes à l’époque, Kazuo et Yoshito Ohno, que nous avons récemment pu voir à Paris.
Françoise Jasmin évite curieusement de parler de chorégraphie et préfère utiliser l’expression « trame intentionnelle », une trame qui est dans le cas présent structurée en six tableaux distincts : L’Insouciance, La Traversée, La Danse des mikados, Comme un sursis, Le Bâton de vieillesse, La Vie suit son cours. Il s’agit d’un long parcours où l’on ne s’ennuie pas, où les danseuses tournent autour du pot de bûchettes disposées au sol en exécutant une suite de petits gestes dilatés, limités à la tranche horaire concédée par le théâtre. On sent bien que l’action (ou l’a-action, plutôt que l’inaction) pourrait durer davantage, s’éterniser, si on n’avait pas d’autre projet ou souci en tête. Mikado signifie « l’empereur du Japon » et le jeu ainsi nommé symbolise, selon la danseuse, « la menace, la force, la délicatesse et l’agilité. »
Cette vision de la danse se nourrit, apparemment, d’un idéalisme rousseauiste (Françoise use volontiers des mots suivants : sincérité, authenticité, humanité, confiance, empathie, maternité, universalité, nature, etc.) et se pare d’un vocabulaire rigoriste (avec des notions parfois ambiguës, comme celles d’ « espace vital », et d’autres plus précises : contrainte, humilité, respect, adaptation, courage, abandon ainsi que des références au samouraïsme). Or on sait qu’il n’y a rien de plus culturel que la notion de nature !!!
Sa vision de la danse est singulière et même audacieuse, révolutionnaire, puisque la jeune femme refuse la plupart des codes de cette discipline, ceux du classique, du moderne, du contemporain, voire, paradoxalement, du… butô. Pour elle, il n’est donc pas question de répétition, de travail ou d’échauffement (pas de temps à perdre, dit-elle). Seules comptent l’intention et la recherche d’équilibre.
En réalité, elle est assez proche du courant de la postmodern dance à ses débuts (du temps de la Judson Church), qui légitimait le geste quotidien en ne cherchant ni la virtuosité ni l’aspect spectaculaire (Isadora se méfiait déjà du théâtral) et du contact-improvisation paxtonien qui a intégré la pratique, le jargon, la mentalité des arts martiaux, que du butô proprement dit, même si la danseuse a eu l’aval (ou le label !) de Yoshito Ohno en personne, dont elle a suivi les stages et master classes à l’Atelier de Carolyn Carlson.
Françoise préfère parler de patience plutôt que de lenteur pour qualifier le tempo alangui de ses mouvements. D’état de veille et d’écoute au lieu d’inertie ou de mollesse. Des samouraïs, elle retient la maîtrise et l’extrême attention qu’indique l’expression populaire « avoir les yeux dans le dos ». Comme Cage, elle fait place au hasard et évite autant que faire se peut tout choix délibéré (pour ce qui est de la couleur des bâtonnets du jeu de mikado, en tout cas). Elle cherche à adapter son geste à celui des autres. Elle évoque l’asymétrie.
Le musicien, véritable maître du temps, ne doit pas empêcher la danseuse de finir un mouvement mais interagir avec la danse afin de créer une totalité avec elle. La question de l’ego peut se poser : l’un ne doit pas servir de faire-valoir à l’autre.
On sait que les motifs des vases antiques grecs furent le point de départ de la danse isadorienne. Ce qui inspire de nos jours Françoise Jasmin est par exemple cette Baigneuse de Bourdelle représentant Duncan en léger déséquilibre sur un rocher, qui montre que le mouvement développé est intérieur mais également dicté par l’environnement. Cette dialectique entre la contrainte et la liberté se résout dans l’ici et maintenant de l’improvisation. Dans la présentation, qui n’a rien à voir avec la représentation (la pantomime, le théâtre, la narration, l’expression, etc.). Ce qui ne veut pas dire que le mouvement n’a pas de sens, au contraire, puisqu’il tire son origine de lui-même et pas des autres disciplines. Ce que Françoise Jasmin résume ainsi : « On ne peut pas danser l’histoire des autres. »

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« Le Butô, le corps à l’écoute de soi », dans TOP Santé, 2012. (lire l’article)

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« La danseuse tranquille », dans Faire Face, 2012. (lire l’article)

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« Tisser des liens entre le mouvement et le pinceau »,  Journal de Rimouski (Québec), 2011. (lire l’article)

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– Article paru dans Tendance Butô, 2006. (lire l’article)

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– Article paru dans La Croix, 2006. (lire l’article)

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– Sur l’Ecole d’été de Danse Butô – Vallée de Chamonix :

La Tribune de Chamonix, 2012. (lire l’article)

La Tribune de Chamonix, 2011. (lire l’article 1 et l’article 2)

Le Dauphiné Libéré, 2011. (lire l’article)

La Tribune de Chamonix, 2010. (lire l’article)

Le Dauphiné Libéré, 2010. (lire l’article)

 

 


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